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La CyberGazette
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n° 411, 30 juin 2008

Statut du freelance, synthèse
Le semestre qui vient de s'écouler est riche en nouveautés pour le statut du freelance : auto-entreprise, patrimoine professionnel, portage, SAS. Résumé et synthèse.

La micro-entreprise encore plus simple
Le statut de l'auto-entrepreneur n'est jamais qu'une extension du statut de la micro-entreprise. Ce dernier, qui avait déjà l'avantage de la simplification de la gestion – pas de déclaration fiscale ni sociale de revenus, franchise de TVA – offre en outre la possibilité de déclarer ses recettes tous les mois ou tous les trimestres, et de payer une cotisation sociale et un impôt sur le revenu forfaitaires, pour les libéraux respectivement de 23 et de 2,2 % – un avant-goût du prélèvement à la source qu'attendent tous les freelances. Ce statut est encore renforcé par le relèvement du seuil de recettes maximum de 27 à 32 000 euros, seuil qui sera indexé chaque année sur le barème de la 1ère tranche de l'impôt sur le revenu.

Ces modifications rendent le statut très attractif. Mais concerne-t-il réellement les freelances ? Il ne le semble pas, à moins que ceux-ci ne disposent d'une source complémentaire de revenus – salaire à mi-temps, pension de retraite, etc. – qui complèterait un revenu net de cotisations et d'impôts d'un maximum de 24 000 euros, dont il faut encore déduire les frais d'exploitation. Il ne reste plus grand'chose à la fin du mois.

Le statut ainsi amélioré concerne donc plutôt les 'petits jobs' d'appoint adossés à un revenu complémentaire. En revanche, c'est un exellent tremplin pour démarrer.

Légalisation du portage
Mieux encadré légalement, le portage peut devenir une tentation attrayante pour des freelances : sous-traitance des formalités administratives, support d'une structure 'ayant pignon sur rue' – ce qui facilite entre autres le référencement par certaines grandes entreprises –, participation à un réseau de confrères, possibilité de bénéficier des allocations chômage en cas 'd'intercontrats' (encore que..., cf. la brève « Raisonnable » plus bas). En revanche, l'attrait d'un statut de 'salarié' est contrebalancé par le coût des charges sociales, salariales et patronales, excessives par rapport à celles du non salarié (30 à 35 % contre 15 à 20). La commission de la société de portage s'y rajoute, et, avec les frais professionnels, rares sont les 'portés' à qui il reste en poche plus de 40 % du montant des recettes.

Il faudra en plus être vigilant sur la limitation du contrat de 'porté' à une période de trois ans.

La SAS sans capital minimum
Pour les freelances qui souhaitent rester salariés, le statut de SAS (à associé unique, c'est possible) devient accessible par la suppression du capital minimum (actuellement 37 000 euros). Cette structure offre tous les avantages de la société – limitation du risque au capital investi, réinvestissement des bénéfices dans la société, équilibre de la rémunération entre salaire et dividendes, etc., plus une grande liberté dans la rédaction des statuts – avec un statut de président assimilé salarié, à la différence de la SARL où seul un gérant minoritaire peut en bénéficier. Toutefois, le président en question, comme le gérant, même salarié, de la SARL, ne peut bénéficier de l'indemnisation chômage des 'intercontrats'.

Le patrimoine affecté de l'entrepreneur individuel
Bien que l'amendement proposé par les députés pour cette innovation ait été rejeté, le ministre des PME, Hervé Novelli, a promis de l'introduire dans a Loi de Finances 2009. L'avantage est double : protection du risque de saisie du patrimoine personnel en cas de litige, et réinvestissement d'une partie des bénéfices dans ce patrimoine professionnel, partie imposée à seulement 15 % et sans cotisations sociales.

Salarié or not salarié ?
Parmi les choix offerts par ces structures 'améliorées' (portage, SAS), on voit que le principal critère concerne le statut de salarié ou de non salarié. D'un côté avec l'allègement des formalités administratives, de l'autre avec une optimisation possible entre salaire et dividendes.

Ceci est un vaste débat, qu'il faudra bien entamer un jour. D'autant qu'il impacte directement la santé financière des organismes de protection sociale des non salariés, privés des cotisations de tous ces (vrais) indépendants camouflés sous le statut de (faux) salariés : gérants minoritaires de SARL, pdgs de SA et de SAS, 'portés', et tous les métiers relevant du Livre VII du Code du Travail (journalistes, mannequins, etc.). Le sujet porte essentiellement, d'une part sur les avantages réciproques d'un statut ou de l'autre : pas sur l'assurance maladie, ni sur la retraite de base, identiques dans les deux cas, mais sur la retraite complémentaire (CIPAV vs AGIRC/ARRCO), les indemnités journalières, les accidents du travail et l'indemnisation du chômage ; d'autre part sur différents avantages 'camouflés' du statut de salarié : obtention de crédits, locations immobilières, droit à la formation, etc.

Bonnes vacances.

Réf : La CyberGazette des 4 février, 28 avril, 2, 9 et 16 juin

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