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La CyberGazette
le journal des freelance
s                                    n° 431, 2 février 2009

1/ Les statistiques et la nouvelle NAF
Les statistiques sont comme les bikinis, ce qu'elles cachent est plus important que ce qu'elle révèlent.

L'Insee vient de publier les premiers résultats de son Enquête annuelle d'entreprises (EAE) dans le secteur des services aux entreprises. Malheureusement, cette enquête est classifiée selon la nomenclature NAF rév.2, ce qui fausse la comparaison avec les années précédentes.

2007, année impaire, mais une nouvelle NAF
C'est cette enquête qui nous permet chaque année de compter les haricots - les freelances - autant que faire se peut. Celle des années impaires est d'autant plus intéressante qu'elle recense exhaustivement les petites entreprises (<30 salariés ou à 5 millions de CA), cf. la
CyberGazette n°414 du 8/9/2008 au sujet de l'EAE 2006.

2007 était donc susceptible d'être une " bonne " année. Hélas ! bien que la révision 2 de la NAF n'ait pris effet qu'au 1er janvier 2008, l'Insee a comptabilisé les résultats selon les nouveaux codes APE.

Seuls quelques activités libérales (non réglementées) restent cohérentes avec la précédente NAF (tout en changeant de code APE) : les conseils en informatique, les conseils en affaires et gestion, ingénierie et études techniques, les agences en publicité et les photographes. Les autres (réalisation de logiciels, traduction et secrétariat, services annexes à la production) subissent des découpages qui les rendent difficilement cohérents avec les codes APE précédents.

Le brouillard dans un tunnel
D'abord, on se contentera de faire la comparaison avec l'année 2005. La méthodologie de l'enquête est en effet trop discriminante pour tenir compte des années paires. Les rapports de population concerneront donc deux années.

Ensuite, on constate les dégâts apportés sur l'ensemble du secteur des services aux entreprises par ce changement de classification (NAF rév. 2) : le nombre global d'entreprises du secteur diminue de 2,4 %, et le nombre de " personnes occupées " (salariés et non salariés) n'augmente que de 1,3 % (alors qu'elle augmentait de 2 % par an régulièrement auparavant). En deux ans, ce résultat est en lui-même un signe que le thermomètre ne mesure plus tout à fait la même chose. Le nombre de non-salariés (toutes professions) suit le même chemin : il diminue de 1 %.

Les freelances (professions de services intellectuels non réglementées) semblent échapper à ce naufrage : leur nombre augmente de 10 % (en deux ans, la moyenne depuis 1999 était de 20 %). On imagine que l'augmentation aurait été plus importante si les conditions de température et de pression étaient restées identiques - mais on ne saura jamais de combien.

Parmi les métiers, le nombre de conseils en informatiques augmente de 13 %, celui des conseils en affaires et gestion de 8 %, celui des photographes de 39 % (?), et les autres de quelques points.

Pour les traducteurs, c'est un peu plus compliqué : ceux-ci étaient auparavant rattachés à un code APE comprenant aussi les secrétaires (services administratifs), 748f. Il y avait par ailleurs un autre code (748k) rassemblant les " services annexes à la production " dans lequel on trouvait les experts en tout genre, les stylistes, les agents littéraires et artistiques, les commissaires-priseurs, etc. La nouvelle nomenclature distingue dorénavant les traducteurs (et interprètes), 7430z, mais rassemble sous un code 82 les services administratifs, les activités de centre d'appel, les agences de recouvrement, etc. et les " autres activités de soutien aux entreprises ". Il faut donc comparer le rassemblement 748-748k avec celui 7430z-82 de la NAF rév. 2 : +5 %.

Depuis 9 ans, +7 % par an
On le voit, les variations moyennes restent globalement cohérentes, mais avec de nombreux points d'interrogation. Il faudra attendre quelques années pour rattraper la série.

En tout état de cause, le nombre de freelances (dans ce secteur) recensés par l'EAE de l'Insee passe de 121 000 en 1999 à 216 000 en 2007, soit une progression de 79 % - 7 % par an -, alors que la population " occupée " (dont 10 % de non salariés) du même secteur d'activité est passée de 2,8 à 3,1 millions, en progression globale de 12 % - 1,5 % par an. En rajoutant les professions non recensées (graphistes, formateurs, pigistes, agents commerciaux, et autres portés), on doit approcher les 300 000 professionnels.

Il y a désormais autant de conseils en affaires et gestion que d'avocats, et plus de conseils en systèmes d'information que d'experts-comptables (non salariés).



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